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Le Comité Départemental des Médaillés de l’Isère prend de l’altitude

 


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Le Comité départemental de l’Isère avait eu la bonne idée de venir gouter la verdure et la fraicheur des montagnes matheysines, en ce mois de Juin 2025.

 

Accueillis par Dominique Ponal et Marie-Noëlle Bonnerot, organisatrices du projet, les membres du groupe des médaillés avaient rendez-vous sous les hautes voûtes du Musée Matheysin. Débutait alors une découverte enrichissante du patrimoine culturel et historique de cette terre de sportifs, mais aussi d’hommes célèbres entrés dans l’histoire.

 

Guillaume Benoist, conservateur du musée était tout indiqué pour expliquer comment le plateau matheysin a essayé de devenir, petit à petit, une destination touristique prisée.

 

L’exposition « Bons baisers de La Mure » est venue à point rafraichir la mémoire en ces temps de canicule. Cette exposition, à faire connaitre autour de soi, dépoussière les premiers guides touristiques de la région, les registres des sociétés alpines, d’anciennes cartes postales, de vieilles photos prises au bord des lacs, sous l’œil de l’artiste Robert Doisneau. On ne connaissait pas à l’époque le bikini, du temps où le bon goût relevait de l’ombrelle ou de la crinoline.

 

La visite s’est organisée en deux volets et autant de périodes. La première retrace la naissance du tourisme dans ces montagnes depuis le XIX siècle avec le passage de Stendhal, séduit par le mythe napoléonien à " la prairie de la rencontre ". Notons le début des pèlerinages au sanctuaire de la Salette, les villégiatures de la petite bourgeoisie grenobloise attirée par les parties de chasse en Taillefer.

 

L’autre partie de la visite nous entraîne dans la seconde moitié du XXe siècle jusqu’à nos jours. La disparition des mines de charbon a donné lieu à l’émergence d’une nouvelle forme de tourisme : stars et champions, à l’image d’Edith Piaf et Marcel Cerdan, venaient se ressourcer à Laffrey. Les villages de vacances ont fleuri un peu partout, les rives des lacs se sont transformées, les stations de ski ont suivi avec l’avènement de l’or blanc des montagnes françaises.La grande époque des Comités d’Entreprise n’a pas été étrangère à ce changement radical de décor et de nouvelles pratiques. EDF, La RATP, RENAULT ou Neyrpic ont été les partenaires de cette aventure. Aujourd’hui le « Petit Train de La Mure » reste le fer de lance de cette reconversion avec la station de l’Alpe du Grand Serre qui résiste encore malgré un modèle économique en souffrance. Le bateau « La Mira » fait la joie des plaisanciers à l’aplomb des passerelles himalayennes traversant le lac du Monteynard, paradis de la planche à voile.

 

En bordure du grand lac de Laffrey, le compositeur Olivier Messiaen a fait édifier une maison, devenue depuis une résidence d’artistes. Longtemps cet espace de calme fut propice à la création d’une musique d’inspiration ornithologique.

 

Le Café Bernard » dans le village de Prunières s’impose alors, dans un décor de très bon goût, comme la halte gustative salvatrice.

 

Notre guide attentionné Guillaume Benoist reprend le groupe en main à l’ombre de l’hôtel de ville. La visite patrimoniale de l’après-midi consiste à remonter le temps depuis l’antiquité gallo-romaine.

Que faut-il retenir de ce parcours historique ?

 

L’ensemble de la ville peut s’observer depuis la table d’orientation disposée sur la « colline du calvaire » où trois croix de pierre marquent l’emplacement de la citadelle détruite par le Duc de Lesdiguières en 1580. Le vieux bourg historique est niché en contrebas, il était ceint de hauts murs depuis les années 1200, avant que Lesdiguières ne le fasse fortifier. Ce cœur de ville vibre des remous de la grande histoire. Des personnages importants ont fait étape ici : Louis XIII et Richelieu allant faire campagne en Italie ont logé au 41 de la Grand-rue. Le pape Pie VI, sur la route de l’exil vers Valence, fut accueilli en 1799 dans cette même rue, au numéro 15, face à la vieille halle datant du moyen-âge, plusieurs fois reconstruite. Elle comporte aujourd’hui 30 colonnes en pierre de Laffrey. La tour de l’horloge édifiée en 1719, de plan carré, attire le regard dans la Grand-rue. De lourdes portes cachent ici d’imposants escaliers de pierre. Alors que des « coulinieres », sorte de petites ruelles, séparent les maisons entre elles.

 

Dans ce lieu, " la maison Caral ", actuel siège du musée, date du XIIe siècle pour sa partie la plus ancienne. On dit qu’il pourrait s’agir de l’ancien château delphinal. Devenu hôtel particulier au XVIIe siècle, il fut racheté par la ville en 197.

L’histoire de la Matheysine reste attachée à l’évocation des grands capitaines d’industrie grenoblois originaires de matheysine. Ils avaient pour nom Bouchayer, Viallet, Dumollard, Perrin, Giroud, Pelloux, Reynier. Cependant la transformation radicale de la ville est à mettre au crédit d’Alfred Chion- Ducollet, maire de 1886 à 1912, notaire et conseiller général. Il fut l’homme infatigable qui sortit la ville du moyen-âge. On lui doit de grandes réalisations à l’image de l’hôtel de ville, de style renaissance, du collège et de la rénovation des écoles primaires entre autres.

 

L’empereur Napoléon sur le chemin de la reconquête du pouvoir est reçu à La Mure le 7 mars 1815 par le maire Pierre-Noé Genevois. L’histoire rapporte qu’il se fit apporter un seau de vin pour trinquer avec ses soldats…

 

Notre parcours va s’achever avec la visite de deux édifices religieux remarquables : la chapelle " Saint-Pierre Julien Eymard " mérite le détour. Elle fut reconstruite en 1606 après la destruction du siège de la Mure en 1580. Elle porte le nom du Saint, né et mort à La Mure (1811-1868). D’abord béatifié, il est canonisé en 1962 par le pape Jean XXIII. Un petit musée lui est consacré dans la rue du Breuil.

 

La seconde église " Notre Dame de l’Assomption ", de style néo-roman, édifiée en 1890, n’a d’intérêt que par le fait qu’elle a été construite en ciment Pelloux du Pont du Prêtre, employé massivement grâce aux dons des Chartreux. Culminant à 62 mètres, elle a failli terminer sa carrière sous les pics des démolisseurs car son clocher était menacé d’effondrement, la flèche sera finalement démontée en 2010. On retrouve dans ses lignes audacieuses la patte du grand architecte diocésain Alfred Berruyer, le concepteur de la basilique de Notre Dame de la Salette et de Saint Bruno de Voiron.

 

C’est dans la douceur d’une fin d’après-midi que nous prenons congé de notre guide apprécié par sa grande culture et sa disponibilité.

 

Joël Challon


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